Lettre du Président - L'AIIC aux quatre coins du monde

Il est souvent nécessaire qu'un Président d'association internationale prenne son bâton de pèlerin pour assumer des activités de représentation. L'année 2006 m'en a donné l'occasion dans des contextes divers, qui m'ont révélé toute la palette que peuvent présenter de tels contacts.

Profitant de missions professionnelles à l'étranger, j'ai pu m'entretenir informellement avec des collègues, membres de l'AIIC dans des régions où je n'ai pas souvent l'occasion de me rendre, et où l'AIIC elle-même ne bénéficie pas toujours d'une présence nombreuse. J'ai également pu participer à des rencontres auxquelles assistaient des collègues interprètes de conférence non membres de l'AIIC, avec lesquels j'ai discuté de nos problèmes mutuels. Des invitations à des conférences universitaires m'ont permis de me plonger dans le monde académique de la recherche et de la formation en interprétation de conférence. Des réunions avec d'autres professionnels de la communication, notamment les traducteurs et les organisations qui les représentent, ont également eu lieu. Enfin, des contacts avec des professions connexes à la nôtre (organisateurs de congrès) ont complété le tableau.

Toutes ces rencontres, outre l'enrichissement personnel qu'elles m'ont apporté, se sont caractérisées par la perception des mêmes problèmes, tous pays confondus (Hongrie, Chine, France, Afrique du Sud ou Suisse): le monde extérieur nous connaît mal ; il ne perçoit pas toujours la valeur ajoutée que nous apportons, obnubilé qu'il est par les réductions budgétaires ; il croit pouvoir se passer de nous et de notre professionnalisme ; les progrès techniques menacent nos habitudes, quand ce n'est pas nos conditions de travail ; une mauvaise communication passant par un mauvais anglais est souvent prise (à tort, est-il besoin de le dire) pour la seule forme de communication possible. Bref, le constat général pourrait sembler morose.

Et pourtant, le sentiment que je retire des débats multiples suivis dans ces enceintes diverses est tout autre : ce qui prédomine, c'est l'énergie, l'enthousiasme et le désir de se battre pour défendre et améliorer les services que nous pouvons offrir.

Le véritable risque consisterait à aborder ce combat en ordre dispersé, chaque catégorie professionnelle ou chaque groupe d'intérêts ne percevant pas forcément les points communs qui le relient aux autres ou n'en voyant pas l'utilité a priori.

Certes, chaque groupe a ses besoins propres, qui peuvent même parfois s'opposer à ceux des autres. Mais les points communs sont infiniment plus nombreux. Traducteurs, terminologues, procès-verbalistes, responsables de services linguistiques, formateurs universitaires, interprètes de langues des signes et bien sûr nous autres interprètes de conférences, avons avantage à mettre en exergue ces points communs pour nous imposer face à des évolutions politiques, sociales ou techniques qui méconnaissent nos professions ou en minimisent l'apport. Cette « union sacrée » semble peu à peu prendre forme. Faisons tout pour y contribuer.

Ce numéro

La 6e Conférence nationale et Forum international sur l'interprétation, qui a eu lieu à Beijing, a rassemblé enseignants et administrateurs des principales universités de Chine. Des praticiens de notre profession y étaient également présents, parmi lesquels notre Président. Ce présent numéro s'ouvre sur l'allocution qu'il y a présentée, une brève réflexion sur l'interprétation et le professionnalisme.

De son côté, l'AIIC n'a pas non plus été en mal de réunions: une interrégionale, qui avait lieu à Bangkok et rassemblait des membres venus d'Europe, d'Amérique du Nord et d'Asie-Pacifique, leur a permis, entre autres, de comparer leurs expériences sur les marchés. Une session a regroupé les principaux acteurs du secteur des conférences, un secteur en plein essor en Thaïlande. L'AIIC découvre la Thaïlande vous révèle le contenu des débats et vous fait découvrir en images certains des participants.

Les interprètes permanents jouent un rôle important au sein de l'AIIC et de notre profession. Notre Comité des permanents suit de près les évolutions qui se dessinent au sein des organisations internationales. Son tour d'horizon sur les organisations, présenté comme chaque année, nous fournit dans ce domaine des informations actualisées.

L'article suivant nous fait sortir des salles de conférences pour revenir à l'univers que nous aimons, celui des langues à apprendre et des cultures à explorer. Un défi nous attend: comment apprendre une nouvelle langue et commencer à l'utiliser aussi vite que possible ? Antonio Graceffo, globe-trotter né à Brooklyn, nous donne quelques conseils pour apprendre une langue impossible en un tournemain.

Notre métier consiste à jeter des ponts entre les cultures ; pour le pratiquer convenablement, nous devons comprendre le fonctionnement des divers systèmes et pas seulement les mots qui en décrivent les rouages. Les systèmes juridiques présentent à cet égard des défis particuliers. Pour aider nos membres à les surmonter, la région Pays-Bas de l'AIIC a récemment organisé un séminaire de formation continue consacré au droit de la procédure pénale - approche comparative. Nous remercions Emma Charlotte Hartkamp pour son résumé.

Avec ce numéro, Communicate! atteint un jalon dont l'éventualité ne nous avait même pas effleurés au début de notre aventure il y a sept ans: 40 numéros en ligne. Nous tenons à remercier nos contributeurs réguliers et nos chroniqueurs, ainsi que tous ceux qui ont envoyé des articles pour publication. Afin de nous aider à diffuser la bonne parole en matière d'interprétation professionnelle et sur tout ce qui touche aux langues, n'oubliez pas de nous soumettre vos articles, et de mettre ainsi en pratique le titre même de notre magazine : « communicate! »

Articles à soumettre à: webeditors@yzndrh1p.aiic.net



Recommended citation format:
Benoît KREMER. "Lettre du Président - L'AIIC aux quatre coins du monde". aiic-italia.it February 8, 2007. Accessed February 16, 2019. <http://aiic-italia.it/p/2579>.